On dirait que j'étais une grande voyageuse...
Par Claire le jeudi 10 juin 2010, 12:00 - Carnets de route - Lien permanent
Quand on était enfant et que l'on se racontait des histoires, on commençait souvent par ce genre d'expressions à la conjugaison tordue mais qui disait très bien ce que nous voulions dire... "On dirait que je serais une photographe !" "On dirait que je serais une grande voyageuse !"
Alors imaginons la suite...
"On dirait que je serais une grande voyageuse et que je ferais plein de photos de tout ce que je verrais.
On dirait qu'il y aurait un grand journal qui me demanderait de partir autour du monde, de faire de belles visites et de montrer à tous par de superbes vidéos et des photos, ce que nous avons encore de splendides de part nos contrées connues et inconnues...
Alors on dirait que je partirais avec ma coquille. Je prendrais mon petit appareil, j'ajouterais une caméra qui ne serait pas trop lourde pour l'avoir toujours avec moi et je figerais le monde sur mes fichiers numériques animés ou non. Je roulerais dans le sens inverse de la pendule pour remonter le temps et retrouver ce que la nature ne veut plus nous montrer. Je roulerais vers des contrées qui ne sont pas plus sauvages ni tranquilles que nos banlieues d'aujourd'hui, où je retrouverais ce mot qu'est "bienvenue" dans toutes les langues. Je parlerais avec toutes les personnes que je rencontrerais et ils me raconteraient ce que la vie leur offre de bien ou de pas bien.
Et puis on dirait que je partirais encore avec ma coquille à la rencontre de la forêt où l'infiniment petit pousse sous la mousse de l'arbre et rencontre l'infiniment grand de l'arbre géant. Je regarderais la fougère se dérouler lentement sous mon oeil numérique pour pouvoir vous en rapporter l'image... un jour peut-être. Je regarderais le sable au bord de la mer morte retrouver l'eau et le sel et je volerais par une simple photo, le regard de l'enfant qui ne comprend pas pourquoi il flotte encore et toujours...
On dirait aussi que je partirais avec ma coquille affronter les montagnes du Tibet et rencontrer ces populations si sûres de leur calme et leur sérénité. Je rencontrerais ces familles un peu plus lointaines ou l'enfant était roi, même sans chaussures à ses tout petits pieds. Je descendrais au pays de la foule et abolirais mon agoraphobie pour m'éblouir des mille couleurs des saris de ces femmes aux tresses infinies.
On dirait encore que je poserais ma coquille sur d'innombrables bateaux pour passer d'une île à un continent, d'un continent à une île. J'irais embrasser ma soeur au milieu des immeubles de sa ville-état et lui apporterais le sourire d'une famille qui pense à elle. Je traverserais les déserts du sud pour y croiser les varans géants et les troupeaux de moutons et kangourous d'un pays gigantesque. Je croiserais des populations inconnues voire oubliées et je retrouverais la langue de la communication.
On dirait que je serais loin. Que je n'aurais plus de téléphone portable, mais si, si, j'aurais quand même internet pour vous raconter tout ça, jour après jour... "
Ah !! Mais pardon, je ne vous ai pas laissé la parole quand vous la demandiez !! Vous voudrez bien m'en excuser !! Vous dites ? Vous êtes un grand journal ? Et vous voulez que je parte, pour vous, faire le tour du monde des contrées les plus reculées ? Vous voulez m'embaucher pour ça, tout frais pris en charge ? Vous me laissez le temps de la réflexion ?
Ah, mais ne vous inquiétez pas, la réflexion, c'étaient les paragraphes au dessus :) Je signe où pour partir demain ?
Commentaires
Bonjour et bravo, quel souffle, on sent que cela vient de loin !
Bonjour !
Merci tout plein pour ce petit mot !
Et si seulement "cela" m'emmenait aussi loin que de là où "cela" vient !! (Ouf ! Je m'en sors mieux avec le conditionnel !) Et alors je pourrai vous y emmener par les images :)
A bientôt !
Quelle rêveuse cette Claire ! Mais je pars avec toi quand tu veux, il faut juste une deuxième "coquille" ! Belle réflexion en tout cas. Je t'embrasse très amicalement.
On dirait que tu rêve d'évasion. :)
Gpinpin
Bonjour,
Tout simplement magnifique, on peut rêver rien qu'en te lisant. Merci et bisouss
Mais les rêves peuvent parfois devenir réalité non ??? :)