Et quelques semaines après... j'étais, le 4 avril 2008, propriétaire de mon premier camping-car.

Cela fait déjà un an !!

Je n'ai réellement pas vu passer l'année. Je cette agréable impression que cette année a été géniale en tout points, en tout cas pour ce qui me concerne. Mais, reconnaissons que pour cet article, je ne suis qu'égoïste...

Cela fait donc un an. Et il y a quelques jours, comme pour précéder cet anniversaire, un magazine spécialisé "Esprit Camping-car" pour ne pas le nommer, a sorti son 11ème numéro avec notamment sa page habituelle "la parole aux femmes en camping-car" parlant ... de moi !

Après autorisation du journaliste, voici ci-dessous le texte intégral, affiché en page 23 sur un fond ... rose-fushia :) et agrémenté des photos prises par mon entourage pour cet article.

"Claire, l'éloge de la patience (Texte : Gregory Gabillet)

Si certaines personnes agissent sur un coup de tête pour répondre à leur passion, Claire, a patiemment attendu le bon moment pour découvrir pleinement une vie en camping-car. Rencontre avec une femme unique.

Si vous avez l'occasion de garer votre camping-car sur une aire de stationnement, un parking ou autre dans la région bordelaise, ouvrez grands vos yeux, histoire de ne pas rater la présence de Claire. Formatrice de profession, spécialisée en informatique, mais qui aimerait s'orienter également vers le développement durable, cette bordelaise de 48 ans à la voix enjouée, n'est pas une femme comme les autres. Depuis le mois de décembre, elle vit totalement en camping-car, ayant rendu appartement, mis ses dernières affaires en garde-meubles ou chez ses deux filles de 21 et 23 ans. « C'était mon rêve depuis bien longtemps, explique-t-elle fièrement. Ça remonte au mois de septembre 1982 précisément, lors d'un week-end avec mon amoureux au Mt-St-Michel. Un week-end sous la pluie passée dans un estafette. Ce fut une révélation pour moi. Même mon ancien mari s'en souvient et dit souvent à nos deux filles que c'était un week-end épique. »

Claire attendra près de 26 ans avant de réaliser son rêve en se rendant à un salon de l'occasion en février 2008... sous la pluie une nouvelle fois. « J'ai craqué pour un fourgon Pössl et je l'ai acheté. » La boucle bouclée ? Non. Trois mois suffisent à Claire à se rendre compte que finalement, ce fourgon ne lui convient pas. Elle n'abandonne toutefois pas son rêve et craque cette fois pour un Hobby-Van malgré les sarcasmes de ses proches. Au retour des vacances estivales, le 14 août, elle parle à sa fille aînée de son intention de vivre dans son camping-car. « Quand j'ai découvert mon Hobby-Van, je me suis immédiatement dit que je ne pouvais que vivre dedans » ajoute-t-elle. « Je ne suis sans doute pas riche, mais je peux prendre une douche, et j'ai du chauffage. Pour moi, ça coule de source de vivre dedans. »

Déterminée, Claire, la formatrice vagabonde dans l'âme qui n'a cessée de bouger et déménager pendant des années avant de se fixer dans la région bordelaise il y a 10 ans - « J'ai tout de suite accroché à cette région, c'est ici que je me suis stabilisée car je suis seule depuis 15 ans » - affronte les remarques de sa famille, de ses amis. Des remarques classiques de non connaisseurs. « Ils m'ont dit que j'étais folle quand je l'ai acheté et encore plus quand ils ont appris que j'allais vivre dedans », sourit-elle. La connaissant, ses proches se doutent bien qu'ils ne la feront pas changer d'avis, elle qui revendique son côté bougon, son mauvais caractère tout en étant enjouée et régulièrement de bonne humeur. « Je suis une perfectionniste et j'ai toujours aimé bouger. »

Si les gens ne changent pas forcément d'avis sur cette passion étonnante, Claire leur démontre les bienfaits d'une vie dans son Hobby-Van. « Désormais, mes proches acceptent de visiter ma maison . Souvent, leur première réaction est « Waouh, quel luxe ! »ou « C'est beaucoup trop petit, je ne pourrais pas vivre dedans », et ensuite, plus ils découvrent, ça donne « Tu as même la télé ? Et Internet ? » Mais quand ils me proposent de dormir chez eux, je prends ça comme une insulte » rigole t-elle.

Addict de sa maison roulante, accro à Internet, experte en informatique et en développement durable - « J'aime tellement la nature que je deviens accro à sa propreté » - Claire semble entamer une seconde vie au volant de son camping-car. « Chaque jour, c'est une nouvelle aventure qui commence. Chaque soir, je me demande où je vais me garer, mais je trouve tout le temps. Depuis que je vis en camping-car, je me sens plus proche des gens. Je me … sociabilise en quelque sorte, alors que j'ai un gros côté agoraphobe, témoigne t-elle. Mais j'ai trouvé mon équilibre. C'est comme une thérapie en fait. Je ne trouve aucun point négatif à mon mode de vie. Je suis dans mon élément. »

Claire se sent si bien qu'elle n joue désormais auprès de ses stagiaires : « Lorsque je prends un groupe, la première journée est faite pour apprendre à se connaître. Je leur demande quels sont les trois plus beaux jours de leur vie, les trois jours les plus négatifs, et quelle est leur originalité explique-t-elle avec le sourire dans la voix. Je joue le jeu et leur explique que je collectionne les œufs et que je vis en camping-car. » Un mode de vie qui surprend au départ, mais qui, à son travail, entre dans les mœurs tant l'absence de son Hobby sur le parking peut être mal vécue. « S'ils ne voient pas mon camping-car, ils s'inquiètent et se demandent où est la « Cagouille » ». La « Cagouille » n'est jamais loin. Elle profite de son rêve; croise des troupeaux de biches, vit au cœur de la nature, le sourire aux lèvres, épanouie, à envisager de nouveaux rêves. J'ai envie de voyager en Irlande, en Autriche par exemple. » Avant un jour de se poser dans les Landes dans une maison en...bois. « Je ferai appel à tous les camping-caristes pour venir m'aider à la construire » conclut-elle dans un grand éclat de rire.