Régulièrement, on entend parler des campagnes de ramassages d'ordures. Sur les plages par exemple, dans la campagne, en montagne (tout ce qui reste après la neige :) )... A l'échelle de la ville, nous avons la chance d'avoir du personnel communal qui s'occupe de nos cochonneries, alors qu'il suffirait de faire l'effort de les mettre directement dans la poubelle... Je ne vous étonnerai sûrement pas en demandant, de façon tellement classique : "Et chez vous ? Vous laissez tomber tout ça par terre, au milieu du salon ? sous la table de la cuisine ? etc. Non ? Alors, pourquoi ne pas avoir la même attitude quand on est dehors ?"

Donc, si on récapitule : à la maison, chacun fait, apparemment le geste qu'il faut : mettre dans la poubelle et pas par terre. Dans la rue, pour ceux qui ne font pas le même bon geste, nous avons du personnel qualifié (ne riez pas ! ils le sont : il faut une réelle qualification, ne serait-ce que de patience pour accepter de faire ce qu'ils font !). Il reste les endroits qui ne sont pas "la rue". La mer : les assos organisent souvent, malheureusement trop souvent, des récoltes. Et aucun de ces ramasseurs ne chôment !! En montagne, beaucoup font pareil dès l'hiver fini, pour éviter que ce que certains ont la gentillesse de laisser dans la neige ne pourrissent dans l'herbe printanière, une fois celle-ci fondue ! La campagne est aussi souvent, régulièrement, souillée par toutes ces populations de malotrus qui se croient seuls sur une terre qui n'appartient qu'à eux seuls...

Alors, et moi ? Où est-ce que je collecte ? Au bureau. C'est tout. C'est pas loin hein ! C'est pas la campagne, c'est pas la rue, c'est pas "chez moi"... et il y a un monde fou qui passe tout le temps. J'ai donc proposé d'organiser des collectes de déchets et mégots (oui, surtout des mégots !!). Je ne vais pas dire que l'accueil a été chaleureux partout, soyons francs :) Mais bon, quelques uns ont décidé de jouer le jeu : donner 5 minutes de sa prochaine pause pour rassembler des mégots dans un sac poubelle plutôt que de les laisser parsemer le sol autour des différentes portes et accès aux bâtiments et salles de cours. Je garde tous les sacs remplis et je ferai le point mardi soir à la fin de la "SDD".

Depuis la dernière loi sur les lieux autorisés à la cigarette dans les lieux publics, il avait été mis en place dans le parc du centre (oui, on a un parc, plein de bâtiments soit, mais surtout plein de pelouses magnifiques, avec des bois, des écureuils, des lapins, bref, c'est magnifique !!) des cendriers, pas forcément élégants, mais "mahouss-costauds", à des endroits stratégiques en fonction des bâtiments de façon à ce que les stagiaires et le personnel aient quand même le droit de fumer dans l'enceinte. Et les cendriers étant en béton, fait par des stagiaires apprenant à manier le béton, ne sont pas rien, pèsent une tonne (enfin, c'est une image, je sais pas ce qu'ils pèsent du tout !), et comprennent une boite métallique que les femmes de ménage peuvent extraire par une cordelette pour les vider régulièrement. Donc, tout va bien. Jusque là.

Mais voilà, déjà, quand il pleut, c'est pas chouette de fumer sous la pluie, alors on reste devant la porte du bâtiment, ou même on reste dans le bâtiment en fumant la porte ouverte, et ensuite on jette d'un doigt habile le mégot de la cigarette loin devant soi !! Et celui-ci d'atterrir au milieu d'une allée, sur la pelouse, dans un pot de fleurs... Bref, partout où l'on veut, mais certainement pas dans le cendrier qui est à 10 mètres. 

Ensuite, le cendrier est loin. Vous imaginez bien que 10 mètres à parcourir, c'est un sport particulièrement difficile quand on a passé sa journée assis devant un ordinateur...ou à écouter un formateur espérant nous inculquer plein de choses passionnantes...

Et puis quand il a plu, il y a de la boue... En revenant du cendrier, on a donc les pieds "tout sales", même si les entrées sont pourvues de tous les paillassons nécessaires à la population massive reçue dans tous ces bâtiments...

Et puis, vraiment, un cendrier commun à plusieurs formations, mais quelle ineptie !! Il faudrait donc côtoyer les autres sections ? Alors que nous n'avons rien en commun entre un métier ou un autre ? Non mais... On est pas là pour se mélanger... Et puis de toute façon, la machine à café est dans une entrée, et celle-ci est beaucoup trop loin du cendrier le plus proche ! Ce qui n'empêche pas de rater la poubelle faite pour les gobelets de café vide, ou les papiers de sucrerie...

Donc, pour résumer : j'ai supposé qu'une campagne de ramassage de mégots et autres détritus était particulièrement utile. Dont acte. Accord des équipes de direction et je me lance !! Bon, je sais, nous ne sommes que le 2 avril et je n'ai pas vu plus de 4 groupes pour l'instant... Mais les regards dédaigneux lancés par les "passants" dans l'allée alors que je m'activais avec mes stagiaires pendant plus de 20 minutes après le déjeuner, et ce pour une seule intersection de bpatiments m'ont fait bien rire. Nos "bonjours" enjoués à chaque regard faisaient hésiter le "promeneur". Je ne parle même pas de ma réaction "spontanée" à une personne utilisant un pot de fleurs tout juste vidé pour écraser son mégot ! Les curieux nous ont quand même bien regardé faire. Sans demander où se trouvaient les gants et les sacs poubelles :) Mais bon, entre "curieux" et "participant", il y a une sacrée distance, probablement comparable à celle qui sépare la terre de la lune !!

Demain, je vais voir d'autres groupes et lundi, j'embraye avec le personnel. Là ce sera ... comment dire... différent :)